Premiers soins psychologiques


Premiers soins psychologiques
La violence à caractère sexiste peut être traumatisante et provoque des réactions différentes chez chacun. On observe dans les trop nombreux cas de violence sexiste qu’il continue d’y avoir dans le monde que les réactions et réponses corporelles ne sont pas uniformes – il y a un énorme éventail de sentiments, de réactions, et de ressentis vécus par les gens.

Certains se sentiront apeurés, dépassés, désorientés, incertains, anxieux, insensibles, ou vivront même du détachement. Ces réactions face à l’événement peuvent être plus ou moins fortes selon les individus. La manière dont chaque personne réagit dépend de nombreux facteurs, entre autres:
  • la nature et la gravité des événements vécus,
  • l’expérience antérieure d’événements stressants,
  • le soutien de l’entourage,
  • la culture et les traditions,
  • l’âge et l’éducation,
  • la santé physique et mentale.

Les gens sont en général résistants et capables de faire face à des défis. Mais il peut arriver, lorsqu’ils sont vulnérables ou qu’ils font face à des situations traumatisantes ou difficiles, qu’ils aient besoin d’aide supplémentaire. Les personnes potentiellement à risque, que ce soit en raison de leur âge (les enfants, les personnes âgées), d’un handicap mental ou physique, ou de leur appartenance à un groupe marginalisé ou exposé à la violence, peuvent avoir besoin de soutien supplémentaire.

D’après Sphère (2011) et le comité permanent interorganisations (2007), les premiers soins psychologiques (PSP) décrivent une aide humaine qui apporte du soutien à une personne qui souffre et qui peut en avoir besoin. Voici plus précisément en quoi consistent les PSP:
  • apporter soutien et soins concrets, sans intrusion,
  • évaluer les besoins et les préoccupations des personnes,
  • aider les personnes à répondre à leurs besoins essentiels,
  • écouter les personnes sans les pousser à parler,
  • réconforter les personnes et les aider à se calmer et à reprendre leurs esprits,
  • aider les personnes à obtenir les informations, les services et le soutien social dont elles ont besoin,
  • protéger les personnes vulnérables d’éventuels nouveaux dangers.


Les premiers soins psychologiques peuvent être donnés par un témoin, ce n’est pas une aide que seuls les professionnels peuvent apporter. Ce n’est pas un soutien psychologique professionnel ni un « débriefing psychologique », et l'on n’y parle pas nécessairement de façon détaillée de l’événement à l’origine de la détresse psychologique. Il ne s’agit pas non plus de demander aux personnes d’analyser ce qui s’est produit ou de retrouver la chronologie des événements. Il s’agit simplement d’être disponible pour écouter l’histoire de l’autre personne, en prenant soin de la laisser être maître du partage de son histoire.

Pour donner les premiers soins psychologiques efficacement, les 4 points suivants doivent être gardés en tête :
  • Respectez et protégez la sécurité, la dignité et les droits des individus,
  • Traitez les personnes avec respect, en tenant compte de leurs normes culturelles et sociales,
  • Soyez au courant des ressources disponibles en cas d’urgence et sachez comment les obtenir,
  • Assurez-vous de votre propre sécurité, et ne vous exposez à aucun danger.

Lorsque vous donnez des premiers soins psychologiques, gardez les points suivants en tête:
  • La personne recevant les soins a totalement le droit de prendre des décisions par elle-même. Sachez-le, et respectez-le.
  • Connaissez et mettez de côté vos préjugés, a priori et idées fausses.
  • Soyez compréhensif par rapport à la situation, et expliquez à la personne les options disponibles pour elle. Expliquez bien à la personne que, même si elle refuse votre aide sur le moment, elle peut la solliciter plus tard.
  • Respectez la vie privée de la personne et assurez la confidentialité de son histoire, si cela est approprié. Dans le cas où vous devriez révéler son histoire pour sa sécurité, soyez soucieux des besoins et du droit à l’intégrité et l’intimité de la personne.
  • Adoptez une attitude appropriée en tenant compte de la culture, de l’âge et du sexe de chaque personne.
  • Ne profitez pas de votre position de personne aidante. Ne demandez jamais de l’argent ou un service en échange de l’aide que vous apportez.
  • N’exagérez pas vos compétences, et ne présumez pas que vous avez des compétences pour lesquelles vous n’êtes pas qualifié.
  • Ne forcez pas les personnes à vous raconter leur histoire, et n’insistez pas non plus. N’imposez pas votre aide, ne soyez pas intrusif ou insistant.
  • Trouvez un endroit calme pour parler, partagez, ou juste vous asseoir ensemble.
  • Restez près de la personne, et si elle désire de l’espace, restez à distance visible.
  • Laissez paraître clairement que vous être attentif, et assurez-vous que la personne le sait. Soyez patient, calme, ne vous distrayez pas.
  • Soyez honnête – vous n’avez pas à offrir de suggestions, d’idées, ou d’options si vous n’en voyez pas, ou si les options disponibles ne sont pas claires pour vous. Présentez les faits, et reconnaissez ce que vous ne savez pas. Évitez d’inventer quoi que ce soit.
  • Ne pressez pas la personne, ne l’interrompez pas et ne lui mettez pas de pression à terminer rapidement. Ne jugez pas et ne vous moquez pas.
  • Ne touchez pas la personne si vous n’êtes pas certain que c’est approprié.
  • Ne dites pas à la personne comment elle devrait se sentir ou qu’elle est chanceuse d’avoir survécu à la situation.

(Adapté à partir du site internet de l’Organisation mondiale de la santé)

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